Abstract :
[fr] Le « féminisme » d’une œuvre semble indissociable de la personne ou de la posture de l’auteur·e, mais aussi de l’interprétation que le public, les médias ou les critiques produisent. Françoise Mallet-Joris, avec « Anne ou le théâtre », longue nouvelle ou bref roman historique dans le recueil Trois âges de la nuit. Histoires de sorcellerie (1968), et Adeline Dieudonné, avec son premier roman, La Vraie Vie (2018), permettent d’illustrer à quel point les luttes contre le pouvoir patriarcal se réfractent dans le champ littéraire. Après avoir montré ce qui rapproche ces deux textes, notamment le choix des personnages (fillettes apeurées et attachantes, mères absentes, pères-ogres, sorcières aux pouvoirs limités) et du genre littéraire (proximité avec le conte), et évalué leur potentielle efficacité pour inciter les lecteurs à transgresser l’ordre social, on conclut que la notoriété de la romancière, qu’elle soit belge ou française, est un levier considérable.
[en] The « feminism » of a book seems inseparablefrom the person or posture of the author, bul also from the interpretation that the public, the media or critics produce. Françoise Mallet-Joris, with « Anne ou le théâtre », a long short story or a short historical novel in Trois Âges de la nuit. Histoires de sorcellerie (1968), and Adeline Dieudonné, with her first novel, La Vraie Vie (2018), illustrate the extent to which struggles against patriarchal power are refracted in the literary field. After showing what brings these two texts together, in particuler the choice of characters (fearful and endearing little girls, absent mothers, father-ogres, witches with limited powers) and the literary genre (proximity to the tale), and evaluating their potential effectiveness for encourage readers to transgress the social order, we conclude that the notoriety of the woman novelist, whether Belgian or French, is a considerable lever.
Title :
Des romancières en lutte contre le patriarcat ? Les cas de Françoise Mallet-Joris (Trois âges de la nuit, 1968) et d’Adeline Dieudonné (La Vraie Vie, 2018)
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